Dates Gourmandes

Pour les personnes qui n’ont pas pu assister à notre dernière Assemblée Générale, nous vous proposons le contenu de la conférence, qui a été présentée en préambule.

LA DATE DE NOËL

Si vous pensez que l’origine de notre calendrier correspond à la date de la naissance du Christ,
deux choses sont sûres :

– vous n’êtes pas dans l’année où vous croyez être ;

– Jésus n’est pas né un 25 décembre.

En effet :

– “Jésus est né à Bethléem en Judée au temps du roi Hérode“, (Saint Matthieu Mt II – 1 et 9) donc
4 à 6 ans plus tôt ;

– lors de la définition de l’année d’origine (année 1), quand il s’agit de la première année d’une ère, (l’ère chrétienne en ce cas), notre habituelle convention n’est pas respectée.

Pour les historiens il n’y a jamais d’année zéro.

Il est probable que la naissance du Christ ne se soit pas produite en hiver mais, au printemps ou à l’automne car, en cette saison, “les troupeaux étant dehors, les bâtiments d’élevage étaient vides” (Saint Luc II).

Constantin, vers l’an 300 de notre moderne calendrier, fut le premier Empereur chrétien. A cette époque il y avait, le 25 décembre, la grande fête païenne du

Soleil Invaincu“, célébrant le retour de la Lumière.

Certains Chrétiens, considérant que Dieu est Lumière, choisirent donc cette date pour la naissance du Christ (le fils de Dieu). Ce fait fut très facilement admis par cet Empereur qui n’appréciait pas que la principale fête chrétienne soit celle de la résurrection d’un prophète ayant eu lieu

Après une crucifixion faite, par des soldats romains, sur ordre de religieux juifs“.
C’est donc l’Empereur Constantin qui fixa la date de la naissance du Christ.

Sans tenir compte de la politique, le calendrier Julien (promulgué par Jules César en l’an -47) fut peu à peu adopté par la plupart des pays et par l’Église chrétienne, avec une particularité : pour l’origine et l’année, on se basait sur la fondation de Rome … Or, l’Empire ayant disparu (abdication de Romulus Augustule le 04 septembre 1229 de Rome, ou 476 de notre calendrier), cela devint INADMISSIBLE !

Depuis l’an 532 de notre ère, suite à l’œuvre du moine scythe Denys Le Petit, notre premier janvier
de l’AN UN correspond en effet au premier janvier de l’an 754 de Rome
: ce fut un samedi.

L’an ~1 de notre ère (attention, le signe ~ remplace en ce cas le signe -), correspond donc à l’an 753 de Rome. Admirons la suite des chiffres : 7-5-3 : les trois premiers nombres premiers (ou indivisibles).

Denys Le Petit était un astronome

1) Emettons l’hypothèse que, tout comme chez les lointains Mayas du Mexique, dans ces régions désertiques au ciel clair, le point brillant et furtif (ayant un cycle très régulier de 84 ans), que nous appelons Uranus et qui est à la limite de la visibilité à l’œil nu, fut repéré dès la plus lointaine antiquité.

En l’an I de la généalogie retenue, Uranus se situa exactement au Point Vernal de cette époque, donc au début de la constellation des Poissons, symbole chrétien.

2) S’il était bien attendu et annoncé, le Christ s’est surtout imposé par une œuvre en phase avec d’importants signes divins remarqués par les religions “naturelles” adorant le Soleil :

– le Christ vécut en une période propice à la visibilité des éclipses de Soleil en cette région ;

– les connaissances s’accroissant, on remarqua probablement que 2000 ans après cette date origine, le mythique point d’intersection de l’Ecliptique (trajectoire céleste du Soleil) et de l’axe de la Voie Lactée serait atteint par le Soleil aux environs du 21 juin, jour du solstice d’été. (Ce point est dans les Gémeaux.)

Avec nos valeurs actuelles, ce fut en 1999

L’ère chrétienne ayant commencé dans la clandestinité et devant (pour les croyants) se développer durant plusieurs millénaires jusqu’à son apothéose, Uranus et le “Soleil de l’an 2000” auraient très bien pu s’imposer aux yeux de certains érudits.

– De plus, en ce lointain futur, une belle étoile (Alpha Petite Ourse, notre polaire), deuxième en importance dans la ronde du cycle de précession, resplendirait sur l’axe polaire de la Terre.

– Enfin, cerise sur le gâteau, avec cette origine, la Crucifixion ayant eu lieu un vendredi, le 03 avril 33 (somme des chiffres de 13) et date admissible, il y eut à Jérusalem une éclipse de Lune très difficilement prévisible avec les connaissances de cette époque. En effet, élément d’une série croissante et en limite de sa zone de visibilité, elle faisait suite à des éclipses très partielles plus ou moins visibles en cette région.

Il est quasiment sûr, qu’au crépuscule, la Lune apparut grosse et rougeâtre.

Les Evangiles de Matthieu (Mt XXVII – 45) ou de Marc (Mt XV – 33), rapportant que de la sixième à la neuvième heure les ténèbres s’étendirent sur toute la Terre ; supposent une éclipse de Lune au levant de cet astre. En effet, à la différence d’une éclipse de Soleil (impossible à cette date, Pâques étant en période de pleine Lune), toujours brève et limitée dans l’espace (rappelons-nous le 11 août 1999), une éclipse de Lune correspond à une durable vision sur une zone de plusieurs continents.

Néanmoins l’étoile de Bethléem, qui aurait guidé les Rois Mages, pourrait être réelle

Mais, que fut-elle ?

Plusieurs possibilités s’offrent aux astronomes, outre Vénus (c’est simpliste) et la présence de la mystérieuse Uranus au Point Vernal, (alors au début des Poissons, très importante constellation).

– Une très longue station de Mars dans la Vierge, du 1er décembre ~ 8 et au 1er juillet ~ 7 avec, le 16 février, une remarquable occultation de cette planète par la Lune (signe de fécondité chez les anciens). En ce cas le Christ aurait pu naître fin octobre. Or le 23octobre il y eut une éclipse de Soleil en cette région …

– En l’an ~ 7, une conjonction (rapprochement) triple de Jupiter et Saturne ;

– Au printemps ~ 6, une conjonction Mars – Jupiter – Saturne à la faveur d’un très rare et grand rassemblement planétaire à proximité du Point Vernal ;

– En l’an ~ 5, une belle comète, aussi vue et relatée par les Chinois.

On dit que, le soir, les Rois Mages “suivaient l’Etoile” :
si ce n’était pas Vénus, ils eurent alors l’embarras du choix.

L’EPIPHANIE

L’Epiphanie, signifiant apparition, est liée à la naissance, (le Dreikönigstag ou Dreikönigsfest). Son origine, très ancienne, se perd dans les célébrations païennes relatives au retour du Soleil et la galette est vraiment l’image du Soleil Invaincu. Suite aux 12 divinités de l’Olympe, aux 12 tribus d’Israël etc … elle se situe 12 jours après Noël. Les Chrétiens s’étant peu à peu approprié cette renaissance, il fallait trouver une liaison avec la naissance du Christ. Cela se fit avec l’épisode des Rois Mages venus se recueillir devant l’enfant Jésus et lui offrir de précieux présents (or, encens et myrrhe).

Seul St Matthieu (Mt 2, 1-12) évoque l’arrivée de mages, “venus d’Orient et apportant des cadeaux au roi des Juifs”. Ce n’est qu’à partir de notre 3me siècle, et avec Origène, que leur nombre est fixé à 3 … probablement en liaison avec “les trois présents (or, encens, myrrhe) ” et une relation symbolique liée aux trois personnages (Abimélech, Ochozath et Phicol), qui rendirent visite à Isaac dans un épisode de la Genèse.

En France, ce jour-là ou les jours qui suivent, on “tire” les Rois. La galette des rois que l’on déguste le 6 janvier ou sur une période allant du 2 au 15 janvier, fait référence, pour les Chrétiens, aux trois Rois Mages qui, “guidés par une étoile”, se sont rendus à Bethléem pour se recueillir devant l’Enfant Jésus et lui offrir de précieux présents.

En Allemagne, on célèbre aussi les Rois Mages mais, différemment. Vous croiserez peut-être ce jour, ou les jours suivants, des groupes d’enfants (ou d’adultes) déguisés en rois mages avec un bâton de pèlerin orné d’une étoile d’or, symbolisant l’étoile de Bethléem. On les appelle les Sternsinger soit, littéralement, “les chanteurs à l’étoile” !

Dans les régions à prédominance catholique, ils viennent frapper aux portes, chantent et récoltent des dons pour des œuvres caritatives en relation avec l’enfance. En remerciement, ils bénissent votre maison et marquent à la craie, au-dessus ou à proximité de votre porte, une série de chiffres et de lettres. Vous vous êtes sans doute demandé, en arrivant en Allemagne, ce que signifient ces chiffres et ces lettres …

les lettres C+M+B signifient “Christus Mansionem Benedictat” (Christ, bénit cette maison) mais aussi Caspar (Gaspard en allemand), Melchior et Balthazar.

Les chiffres signifient le siècle et l’année ; 2017 en ce cas.

Le gros + suivant le B, représente la Croix du Christ.

Et l’étoile, à huit branches, rappelle l’Etoile de Bethléem.

L’Épiphanie est un jour férié en Bavière, en Bade-Wurtemberg et en Saxe-Anhalt, des régions à majorité catholique. En choisissant de fixer au 25 décembre la date de la naissance du Christ, Constantin a donc facilement pu incorporer au christianisme une autre tradition païenne festive.

 

Dans la région de Cologne, la tradition des Rois Mages est aussi très ancrée car, tout comme à Paris, où suite à la demande de Saint Louis on construisit spécialement La sainte Chapelle afin d’abriter surtout la Sainte Couronne d’épines et un morceau de la Vraie Croix ; les reliques des Rois Mages sont conservées depuis le XII me siècle dans la cathédrale de Cologne, construite spécialement pour elles.

On peut aussi noter les trois couronnes sur les armoiries de la ville.

 

Dans certaines familles allemandes on prépare un Dreikönigskuchen, Gâteau des Rois, sans frangipane mais qui se présente un peu comme une grosse brioche représentant le Soleil avec, autour, ses huit planètes (en comptant la Lune et Uranus, Neptune ne pouvant pas alors être connue).

Il est souvent fourré d’orange et d’épices, symbolisant l’Or, l’Encens et la Myrrhe.

LA FIN DE L’HIVER

Quarante jours après Noël, le 2 février n’est pas que le jour des gâteaux arrosés de cidre. Dans d’autres pays, on observe attentivement le réveil des marmottes ou on mange des gourmandises au maïs.

Le 2 février, on célèbre aussi la Chandeleur, la fête romaine des chandelles, devenue le jour de la présentation du Christ au Temple, et surtout, on se goinfre de crêpes, disques dorés symbolisant le Soleil revenu …

Et ailleurs ?

Au Mexique, le 2 février est férié, c’est le “Día de la Candelaria“. On se régale de tamales, des petits pains de maïs, cuits à la vapeur dans des feuilles, garnis de farces sucrées (crème, raisins…), ou salées (piment, viande, haricots noirs…). C’est une spécialité qui date de l’époque précolombienne ! Selon notre tradition, c’est celui qui a tiré la fève le Jour des Rois qui doit s’occuper du ravitaillement en tamales.

Ce même jour, les Mexicains habillent des poupées, ou petits Jésus, de vêtements chics, et les apportent à la messe pour une bénédiction. Bien-entendu, il convient de chanter des airs traditionnels et il importe de récompenser les chanteurs avec des gourmandises.

Au Luxembourg, on célèbre “Liichtmëssdag“. Avec des lampions fabriqués par leurs petites mains, les enfants courent les rues en groupes pour fêter la lumière … et surtout demander des sucreries à leurs voisins, ou même des pièces, après avoir chantonné des airs traditionnels !

Quant aux Anglais, mangent-ils des pancakes le 2 février ? Pas vraiment, car leur “Pancake Day”, c’est avant tout le jour de Mardi-Gras (“Shrove Tuesday”).
Dates du Mardi-Gras

Le Mardi-Gras est prévu aux dates suivantes :

– mardi 25 février 2020 ;
– mardi 16 février 2021 ;
– mardi 1er mars 2022.

La date est variable : chaque année il a lieu 47 jours avant Pâques. Et Pâques est …

Le premier Dimanche suivant la première pleine Lune de Printemps.

En signe de deuil, pour commémorer le temps qui s’écoula entre la mort du Christ et sa résurrection, l’Eglise interdit de sonner les cloches entre le Jeudi Saint et le Dimanche de Pâques. On remplace donc leur sonnerie par une crécelle. Dans certains pays catholiques, la légende, affirme que, le soir du Jeudi saint, elles partent à Rome où le Pape les bénit. Le matin de Pâques, les cloches reviennent en carillonnant pour annoncer la joie de la Résurrection.

Pâques représente aussi la résurrection de la Nature, le lapin la fécondité et les œufs la germination : ils sont, surtout dans les pays Anglo-Saxons, largement associés aux festivités de cette période.

Le calendrier évolue avec les civilisations, la gourmandise et le rythme saisonnier demeurent !

2 avis sur “Dates Gourmandes

  1. Dans ce domaine, attention cependant : le hasard faisait que, pour le calendrier Maya, on arrivait en fin d’une importante période en même temps que nous en l’an 2000 … Et ceux qui s’occupent du tourisme souhaitaient bien en profiter afin de “proposer d’ultimes voyages en ces grands pays”.

  2. L’astronomie explique beaucoup de choses et remet en cause beaucoup d’idées reçues.
    Et pour les informaticiens, l’an 2000 était celui du fameux BUG. Il faut, là aussi revoir nos a priori, c’était l’année de l’apothéose d’Uranus et du Soleil, n’est-ce pas !!

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